Quelques livres sur le sujet de la Chine et du taoïsme

 Même si "Lire beaucoup de livres crée des désirs et on perd sa spontanéité dans la pratique", je vous en conseille juste quelques uns pour le plaisir...

Le premier des premiers livres à lire et avoir sur sa table de nuit c'est bien sûr :


Livre de la voie et de la vertu, Tao Te King, par Lao Tseu, François Cheng

Résumé

Le Livre de la Voie et de la Vertu (Tao Te King) est attribué à Lao Tseu (Ve-IVe siècle av. JC). C'est comme une superbe prose classique. Elle jaillit comme le souffle de l'univers entre le Ciel et Terre. La Voie, comme leur principe unique, produit tous les êtres. Elle les contient, elle les soutient, elle les régit, maintenant leur cohérence intime et leur cohérence globale. D'un seul mouvement du coeur, contemplons le repos de cette Mère, observons les enfants qui sortent d'elle. Tel est le monothéisme si vivant des Chinois. Le Taoïsme sécrète l'optimisme, désarme l'agressivité, élude les difficultés, avec la grâce du naturel propre à l'esprit chinois.


 

Les huit immortels traversent la mer (Broché) de Yüan-T'ai Wu, You-Feng (Librairie), Paru le 24/10/2001

Les huit immortels ne sont pas des saints, à beaucoup près. Ils ne reçoivent aucun culte. Nul sanctuaire ne leur est consacré. Ils sont cependant connus de tous, très souvent représentés. Ils doivent cette popularité certainement à leurs merveilleux et invraisemblables exploits, et aussi peut-être à leurs faiblesses, leurs erreurs, leurs tentations, jusqu'à leurs écarts de conduite, qui les rendent attachants, proches de l'humaine et peccable nature.




Après, ce sont mes préférences, et me suis beaucoup amusée à lire ce délicieux petit livre plein de récits amusants, parfois désopilants, plein de sagesse aussi. J'ai particulièrement aimé l'histoire de Chang Kuo Lao qui montait à l'envers sur son âne tout comme Nasreddin Hodja dont les contes sont bien connus dans le soufisme.

(Pour lire ou écouter les récits de Nasredine, ce qui régalera les petits aussi, allez faire un tour sur :  http://nasreddinhodja.unblog.fr/)

Après, ça devient plus sérieux :


La voie des divins immortels - Les chapitres discursifs du "Baopuzi neipian" (Broché) Hong Ge, Philippe Che (Traducteur), Gallimard, Paru le 23/02/1999


Ce Traité ésotérique du Maître qui porte la simplicité, longtemps gardé secret et "découvert" seulement au XXe siècle, est en Chine le premier traité d'alchimie et d'immortalité. Son auteur, Ge Hong, "Le plus grand écrivain alchimiste de tous les temps" selon J. Needham, naît en 283 près de Nankin dans une famille aristocratique, mais connaît la misère à la mort de son père et vend du bois pour subsister... et acheter des livres, sa passion. A vingt ans, il part admirer la fameuse cité de Luoyang et sa bibliothèque, mais la ville est prise par les Xiongnu et il dérive, dans une foule de réfugiés, jusqu'à Canton, puis rentre chez lui, où, toujours misérable, il rédige son ouvrage, achevé en 332. C'est au mont Luofu, non loin de Canton, qu'il vit ses dix dernières années et meurt en 343. Auteur prolifique, lettré autodidacte et individualiste, Ge Hong ne fut pas seulement grand érudit, mais aussi maître d'armes, stratège, médecin, philosophe, alchimiste... Philosophe, il n'est pas inventeur, mais brillant héritier de la culture et du savoir des Han, et son livre nous documente comme nul autre sur les sciences occultes de la Chine ancienne. Il témoigne à la fois d'une remarquable volonté d'élévation spirituelle et morale issue d'une antique tradition mystique, et d'un vibrant attachement à la vie ! Avec Ge Hong, la quête de l'immortalité commence pour ainsi dire dès ce monde, dont il goûte les plaisirs en hédoniste raisonnable tourmenté par une peur obsessionnelle de la mort. La seule issue à cette angoisse est la Voie des Divins Immortels, car, pour l'auteur, taoïsme et immortalité ne font qu'un. Tout l'objet du traité est de fournir à l'adepte, une fois remplies les conditions préalables (prédestination, impératifs moraux, rencontre d'un maître, etc.), toutes instructions utiles pour maîtriser trois disciplines essentielles : l'alchimie, avec l'affinement du cinabre et l'élaboration de l'élixir d'immortalité; la conduite du souffle et autres techniques de "respiration embryonnaire"; et enfin le complexe et périlleux art de l'alcôve permettant de "retourner l'essence pour renforcer le cerveau". Dans le domaine prépondérant de l'alchimie, le Traité stimula les expériences sur l'or et le mercure, et son influence fut immense; on lui dut aussi indirectement l'invention de la formule de la poudre noire au IXe siècle, ainsi que l'inoculation de la variole au Xe siècle. Cette science chinoise, mêlée d'apports indiens et persans, se propagea ensuite dans le monde islamique jusqu'au XIIIe siècle, et joua par là un rôle marquant dans la genèse de la tradition européenne d'alchimie et de médecine. Dans une version précise et élégante, la première traduction française des "chapitres discursifs" nous révèle un penseur souvent stimulant, un témoin au regard aigu, mais aussi un écrivain à l'art consommé, au style volontiers acerbe, admirablement vivant.

Après, pour les passionné.e.s car c'est un texte également ésotérique : 

Le Traité de la fleur d'or du suprême un Broché – 1986 de Pierre Grison (Auteur)

 

Alors, pour plus de fantaisie ou une lecture plus facile, ce qui ne veut pas dire parfois éprouvante !

 

Fleur de Neige de Lisa See, Pierre Ménard (Traducteur), ISBN : 2290352098, Éditeur : J'ai Lu (02/05/2007)
Résumé :
Dans la Chine du XIXe siècle, le destin de deux jeunes filles est lié à tout jamais. Fleur de Lis, fille de paysans, et Fleur de Neige, d'origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Tous les signes concordent : elles seront laotong, âmes sœurs pour l'éternité. Les deux fillettes grandissent, mais si leur amour ne cesse de croître, la vie s'acharne à les séparer. Alors que la famille de Fleur de Neige tombe en disgrâce et que la jeune fille contracte le mariage le plus infamant qui soit, Fleur de Lis, par son union, acquiert reconnaissance et prospérité. L'amitié sacrée des deux femmes survivra-t-elle au fossé que le destin a creusé entre elles ?
Pour tout savoir sur l'horrible torture des "petits pieds" des Chinoises et cette écriture secrète des femmes :  le nu shu, disparu avec la Révolution culturelle. A voir : Nu Shu, un langage secret de femmes en Chine



video 11 mai 2007  55min 57s
A l'est des monts Guilin, en Chine, à l'époque impériale, personne ne pouvait lire le "nu shu", langue de forme poétique utilisée par les femmes.Le "nu shu", ou "écriture de femme", est une ancienne forme du chinois, niée par la Révolution culturelle qui y voyait une forme de code d'espionnage. Dans la province du Hunan, au sud de Pékin, la narratrice recueille des témoignages sur ces écrits de forme poétique, qui permettaient aux épouses chinoises d'exprimer leurs souffrances en dénonçant leur existence tragique et les violences subies au nom de la tradition. Depuis Confucius, les femmes chinoises étaient en effet traitées comme des êtres inférieurs et subissaient diverses formes d'humiliation. Dans le sud du pays, elles avaient inventé le "nu shu" pour échanger leurs petits secrets dans une écriture qu'elles seules maîtrisaient.


Un autre livre d'une réalisatrice de TV chinoise, une sorte de "Macha Béranger" chinoise, pour mieux connaitre la vie secrète des femmes chinoises. Pas toujours facile à lire...

Chinoises,  de Xinran (Auteur), Marie-Odile Probst (Traduction) Poche   janvier 2005

 
Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes. Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste. Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire).





Posts les plus consultés de ce blog

Kunming (Yunnan) : modernité et traditions

Comment ça commence...

Le temple de Zhen Qing Guan : l'imprimerie